Ulysse et le PTSD : l’avis d’un psy

Dans Ulysse : la reconquête d’une âme, j’évoquais l’hypothèse que l’Odyssée était – aussi – une sorte de guide de survie psychique de l’ancien combattant souffrant du traumatisme des combats ou PTSD… Or, dès 1994, le psychiatre américain Jonathan Shay avait exploré cette piste, dans Achilles in Vietnam, puis, en 2002, dans Odysseus in America.

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Apprivoiser la faune des gorges

Il est parfois frustrant, dans un texte, de tomber sur des mots bizarres sans savoir comment les dire. Ainsi les h et les y qui peuplent certains mots savants, lesquels, pour cesser d’être obscurs, demanderaient un retour à leurs ancêtres du temps de Socrate ; ainsi les q, les ᾿ et les kh qui font de la lecture de certains mots d’origine arabe un parcours d’obstacles. C’est comme si notre alphabet et notre gosier n’étaient pas faits pour ça. En fait si ! mais, le temps passant, l’un et l’autre l’ont oublié. Pour y remédier, et en accompagnement à Alcaïque Milton, voici une petite introduction à la prononciation des gutturales. Ou comment s’équiper pour apprivoiser la faune des gorges.

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Puisqu’il faut l’appeler par son nom

Ainsi La Fontaine enfreint-il, dans les Animaux malades de la peste, le tabou qui pèse sur cette maladie épidémique qu’on redoutait de nommer. Elle était toujours d’actualité au siècle de Louis XIV ; pendant plus de quatre cents ans, de sa déclaration en 1347-52 (cinq années durant lesquelles elle fut fatale à près de la moitié de la population européenne) jusqu’à l’expédition de Bonaparte en Égypte, en passant par Marseille et la Provence en 1720, la peste bubonique a été une menace permanente, revenant périodiquement pour frapper un port, une ville et y semer la désolation… Fléau sanitaire, menace aussi pour l’ordre social : les animaux du bon Jean vont y parer à leur façon.

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Un vert hiver d’Irlande

Quand Joyce publia le recueil de nouvelles Gens de Dublin, en 1914, l’Irlande n’était pas indépendante. Elle venait d’accéder à l’autonomie, mais il lui faudrait attendre encore huit ans avant de larguer sans remords – sauf pour deux tiers de la province d’Ulster – les amarres de la tutelle britannique. James Joyce l’avait quittée depuis longtemps déjà, fuyant les maux qu’il dénonce : misère matérielle et stupeur culturelle sous l’emprise coloniale, alcoolisme et maltraitance, misère sexuelle et radicalité politique sous la poigne de fer de l’Église catholique locale. La fin de la nouvelle « Les morts » proposée ici, elle-même la dernière du recueil, est son hommage quand même d’exilé volontaire à sa paralytique patrie.

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‘Call me Ishmael’

L’un des incipit les plus célèbres de la littérature de langue anglaise est celui de Moby-Dick, de l’Américain Melville. Herman Melville a été marin, et a puisé pour écrire son chef-d’œuvre (reconnu comme tel bien après sa mort) dans ses souvenirs de chasse à la baleine. Moby Dick est un cachalot blanc qui hante les mers du globe et les cauchemars du capitaine Achab, lequel n’a de cesse de venger sa jambe perdue. Le narrateur, qui se donne le nom d’Ichmaël, fils aîné – et déshérité – d’Abraham, saisit le lecteur dès cette première phrase pour ne plus le lâcher, murmurant au creux de son oreille tout le savoir de l’océan

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Ulysse : la reconquête d’une âme

C’est en entendant appeler crime contre l’humanité la prise et la destruction de Troie que j’ai enfin compris une vérité tautologique et aveuglante, tant Homère peut faire gore : la guerre de Troie chantée dans l’Iliade est une guerre. Une vraie guerre, une boucherie qui tue des gens, et marque à jamais les survivants. Et leur retour, le nostos en jargon helléniste, est celui, post-traumatique et douloureux, des anciens combattants

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Alcaïque Milton

Au commencement, cette page avait pour but de faire partager mon enthousiasme pour un petit trésor anglais de seize vers, une pièce de Lord Tennyson sur John Milton à la manière d’Alcée de Mytilène, un poète grec ancien. De fil en aiguille, et en passant par quelques mots en al ou en ique, elle a touché à la mer, à la mort, à l’exil, pour retrouver, surprise ! la tendance très humaine de faire le beau à partir d’un massacre. À tout saigneur, tout honneur : l’ombre d’Achille a précédé Alcée dans la carrière… et Tennyson l’a suivi dans ce qui n’est pas que le tombeau des rêves